mardi 1 avril 2025

Loris Kingolo danse dans : Étienne de Crécy — World Away feat Alexis Taylor

Extrait de l'album un titre paru en novembre dernier. 
ALBUM (écoute et achat)  >  bandcamp 
Repris dans son nouvel album huit titres Warm Up, en français S'échauffer, publié le 14 mars dernier.
POCHETTE DE L'ALBUM


dimanche 30 mars 2025

La danse noire de Dalila Belaza (« Orage »)

Dalila Belaza dans Orage, Photo DR

La nouvelle création de Daliza Belaza se nomme Orage. On songe à Oh rage ! Allez savoir pourquoi. Oh rage !, Oh désespoir ! ? Peut-être. Elle est à voir dans le cadre de la Biennale de danse du Val-de-Marne. 

Un plateau vide, dans une ambiance nocturne. En son centre Dalila Belaza. À sa droite, un peu plus profondément, un guitariste, discret. Rien moins que Serge Teyssot-Gay, qui, en 1980, en classe de seconde, rencontre dans un lycée catholique de Bordeaux, Bertrand Cantat, et forme un groupe de rock qui se nommera quelque temps plus tard, Noir Désir, jusqu'à son arrêt en 2003. Il crée en 2005 le duo Interzone avec l'oudiste syrien Khaled Aljaramani rencontré à Damas lors d'une tournée de Noir Désir, avec qui il réalise cinq albums. Suivent de multiples collaborations. 

Ils sont tous les deux habillés de noir. Elle dans un vêtement très large, qui peut suggérer, un temps, une camisole de force. Lui, crane lisse, mine de moine. Avec sa guitare électrique il délivre un rock bruitiste puissant. Il est debout, immobile, seule sa main droite bouge, comme grattant ou chatouillant la basse. Il parlera plus tard justement de « déluge électrique »

Il s'agit d'une improvisation. Rien n'est écrit, ou préparé avant. Refaire ce qui a fonctionné la veille ne marche pas, explique-t-il. Il faut être présent. Il souhaite que cette disponibilité soit à l'œuvre aussi dans la vie (quotidienne), afin de permettre des rencontres imprévues. 

Il ne cessera, dans un premier temps, d'observer la performeuse, puis ses yeux sembleront se perdre dans le lointain du ciel. Dans les hauteurs, trois rangées de onze projecteurs pour assurer les lumières, redoutablement efficaces.    

Après la vision de la pièce, et après l'écriture de tout le reste de cet article, on découvrira les propos de la chorégraphe dans la revue Cahiers de danse (cf précisions en fin d'article) : « Qu'il s'agisse de mon travail de création ou de transmission, je m'aperçois que je prépare assez peu : je me mets plutôt en situation de tensions, voire de péril. Anticiper et projeter mentalement mes gestes serait en contradiction avec les états d'écoute, de conscience et d'hypervigilance que je recherche. » (p. 24) 

Mais poursuivons. Comme ancrée au sol, la danseuse tressaille, défaille, comme prise dans des turbulences, pantin désarticulé. Possédée ? Mais par quelles forces ? On songe un temps à un film de science-fiction, à du David Lynch. D'un côté le corps est perturbé, de l'autre on se dit qu'il est aussi question de lâcher-prise. Pour quel but ? Par quel chemin ? Elle va s'assoir, s'allonger de profil, etc. Elle va disparaître vers le fond de scène, puis réapparaître. Elle semble justement pouvoir voyager dans l'espace et le temps (cf notre critique de son Au cœurICI). Elle suggère, un temps, un grand guignol moyenâgeux, puis, allongée vers le fond à gauche du plateau, elle est un simple corps mort indiscernable, une dépouille, d'on ne sait qui, sans pathos. Puis, elle réapparait au centre du plateau, dans une gestuelle plus fluide, comme (légèrement) allégée ? Comme une patineuse artistique qui glisse sur le sol gelé. Elle sollicitera aussi le ciel. 
Fabien Rivière
Orage, de Dalila Belaza, La Briqueterie (94), Vitry-sur-Seine, dans le cadre de la Biennale de danse du Val-de-Marne, vu le 27 mars (notre présentation). en savoir + 

TOURNÉE 2025 
Jeudi 10 avril  —  L’Azimut - Théâtre La Piscine, Châtenay-Malabry. En savoir +  
16-17 septembre  —  Focus Danse, Biennale de la danse de Lyon, Lyon.
25-26 septembre  —  La Coupole - Théâtre Sarah Bernhardt, Théâtre de la Ville, Paris.
 
LIRE 
Une interview de Dalila Belaza à retrouver dans le dernier numéro de la revue bilingue français-anglais de la Briqueterie, à Vitry-sur-Seine (94), — qui organise la Biennale de danse du Val-de-Marne, — "Accueillir le vide", pp 24-27, dans Cahiers de danse, n°2, dossier : Sommeils, 9 €. En savoir + 

samedi 29 mars 2025

La danse vitale de Fabrice Lambert (« Renverse »)

Renverse, de Fabrice Lambert, Photo Alain Julien
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En 2020, le français Fabrice Lambert présentait Seconde nature, un quatuor (notre article La vitesse de Fabrice Lambert). Cinq ans plus tard il propose Renverse, pour huit interprètes, découvert lors de la Biennale de danse du Val-de-Marne. 

Autant Seconde nature, au demeurant excellent, est urbain, nocturne, digital, tendu, chimique, désespéré, autant Renverse est aérien, sinon cosmique, hors du temps, nature, sinon naturel, volontaire. La pièce débute dans un grondement la nuit, dont on ne sait ce qu'il présage. Les interprètes portent des costumes légers bleus, couleurs soutenues ou pastel, comme au printemps ou l'été. La danse est écrite, très riche mais toujours lisible. Le chorégraphe défend un engagement physique constant, un solide optimisme, l'émerveillement premier de l'enfant, de quoi faire ricaner les cyniques et les blasés, contrebalancé par les inquiétudes de la musique. Une écriture des corps tonique et bondissante, entre lignes droites, spirales et cassures. On doit assumer chaque instant pleinement, dans une jouissance du moment, intense, semble nous dire le chorégraphe. Le tout est une merveille de vitalité. 

À celles et ceux qui prétendent qu'une danse contemporaine exigeante ne peut pas être un art populaire, et que les salles sont vides, on répondra par un constat simple : au théâtre Jacques Carat à Cachan, comme quelques jours plus tôt au théâtre Jean-François Voguet à Fontenay-sous-Bois, on a croisé un public familial, de 7 à 77 ans, dans une salle quasi pleine, qui réserva un accueil triomphale à la pièce. C'est réjouissant.    
Fabien Rivière
Renverse, de Fabrice Lambert, vu le 14 mars au théâtre Jean-François Voguet à Fontenay-sous-Bois (en savoir +), et le 28 mars au théâtre Jacques Carat de Cachan (en savoir +), dans le cadre de la Biennale de danse du Val-de-Marne (notre présentation). 

— Témoignages de trois spectatrices, à Fontenay-sous-Bois : ICI 

TOURNÉE : mardi 1er avril - théâtre de Rungis. en savoir + 

— Fabrice Lambert est présent cette saison au théâtre Jacques Carat de Cachan. Il y est artiste associé pour les saisons 2025-2026 et 2026-2027.  

Livre - Rencontre avec Sophie Gélinier au sujet de son ouvrage consacré à Francine Lancelot

dimanche 30 mars 2025 à 17h

Présentation du livre de Sophie Gélinier sur Francine Lancelot 
à la librairie L'Arabesque - 
CENTQUATRE PARIS 5, rue Curial 75019 Paris

Livre > En savoir + — Librairie l'Arabesque > Facebook 

vendredi 28 mars 2025

Neckbolt (Austin, Texas), Sort of + Marianne 05

Extraits de l'album Dream Dump, en français Décharge de rêve, publié le 22 septembre 2023 chez Born Yesterday Records. 
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NECKBOLT

mercredi 26 mars 2025

WBEEZA (London), Roks Dogg + He So Crazy

« WBEEZA (pronounced double-u-beeza) is 23 years old Warren Brown from Bermondsey South London. » [2023] 
Extrait de l'album New Skank ep paru le 8 décembre 2023.
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POCHETTE DE  L'ALBUM


mardi 25 mars 2025

Abdomen (Netherlands), Live Session

Mis en ligne le 11 février 2025.
— Tracklist:
1. Fish I
2. Yes, I Don’t Know
3. Weird Shapes
4. Exhale
ÉCOUTER ABDOMEN  >  bandcamp 
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lundi 24 mars 2025

Aina Alegre célèbre Carmen Amaya (« FUGACES »)

FUGACES, d'Aina Alegre, Photo Martin Argyroglo 
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La danse contemporaine s'est intéressée récemment aux danses populaires. Dans deux démarches distinctes. 

La première approche déconstruit. Déconstruire n'est pas détruire, mais aimer, observer, accepter certaines choses et refuser d'autres, puis reconstruire différemment. Ainsi l'Espagnol Israel Galván, fou de flamenco ; l'Italien Alessandro Sciarroni avec FOLK-S will you still love me tomorrow ? qui explore le Schuhplattler, une danse typique de Haute-Bavière dans le sud de l'Allemagne dont la capitale est Munich, et du Tyrol à l'ouest de l'Autriche, dont le nom (battre la chaussure) vient du fait qu’elle consiste, littéralement, à taper ses chaussures et ses jambes avec ses mains de façon rythmique ; l'Autrichien Simon Mayer avec son solo SunBengSitting, « une pièce à cheval entre le yodel [une technique de chant], la danse folklorique et la danse contemporaine », et son trio Sons of Sissy, avec les danses et les chants de son village natal du nord du pays. La Française Dalila Belaza a travaillé avec le collectif Lous Castelous de Senergues. C'est une association fondée en 1982, qui vise à « sauvegarder et maintenir les traditions locales, notamment les danses et les chants ». Elle est basée dans le village de Senergues, 421 habitants selon le recensement de 2018 (le pic a été atteint en 1881 avec 1671 administré-e-s), dans le département de l'Aveyron, à 30 km au nord de Rodez. Lous Castelous signifie en occitan "Les Châtelains". Toutes ces œuvres sont excellentes.

L'autre approche prend le matériel chorégraphique tel qu'il est sans le déplacer, tel le collectif (La)Horde avec Marry Me in Bassiani avec l'ensemble Iveroni, en Géorgie. Du bon travail. 

On peut aussi faire état du remarquable Dialogue avec Shams, du Français Mathieu Hocquemiller, avec une derviche tourneur qui vit en France, d'origine iranienne. 

FUGACES, d'Aina Alegre, Photo Martin Argyroglo
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Avec sa nouvelle création, FUGACES, Aina Alegre manifeste son intérêt, sinon sa passion, pour la danseuse de flamenco espagnole Carmen Amaya (1918 - 1963). Elle explique dans la feuille de salle : « (...) on va se laisser traverser par ce fantôme, par cette revenante, par cette figure. » Elle évite les pièges à la fois du tourisme illustratif et la dévotion du mausolée. Elle a travaillé sur des archives (cf. liste ci-dessous) sans pour autant se laisser étouffer ou neutraliser par elles. Si elle affirme « (...) en aucun cas [nous] n'essayons de reproduire sa danse », certaines positions corporelles sont reprises, comme point de départ, mais réinvesties, déplacées, repensées, retravaillées. Elle déconstruit, au sens où si elle mobilise un vocabulaire "daté", il s'agit bien, pour paraphraser William Forsythe avec le vocabulaire classique chez lui, d'écrire des histoires d'aujourd'hui.

Tout débute dans les ténèbres, dans un décor épuré à dominante blanche, d'où émergent les silhouettes des 7 interprètes. Magnifiques costumes noirs signés de la chorégraphe et Andrea Otin. Puissant espace sonore et musical de Vanessa Court, avec une interprète, Maria Cofan, qui joue du trombone de façon magnifique.  

Au sortir du spectacle, un danseur et pédagogue catalan installé en France, nous a fait part de son émotion. À la fin des années 60 et durant les années 70, enfant puis adolescent, il a subi la répression du gouvernement franquiste qui réprimait, par exemple, qui parlait catalan dans la rue. Façon de mêler histoire personnelle, histoire de l'art et histoire politique. Or, Carmen Amaya, gitane née à Barcelone, en Catalogne, fait partie d'une autre minorité opprimée. Elle s'éloigne une dizaine d'années du pays. Ainsi, comment s'articule danse et politique, hier, et aujourd'hui ? 

Un rappel historique n'est pas inutile : « En 1937, pour fuir la guerre civile espagnole, Amaya quitte le pays avec sa troupe pour aller au Portugal, puis en Argentine, où elle obtient un grand succès. Pendant 3 ans, elle se produit dans de nombreux pays d'Amérique Latine, avant de débuter aux États-Unis en 1941. Dans ce pays, elle se produit dans les théâtres les plus importants, et notamment au Carnegie Hall. Elle intervient dans plusieurs films. Le succès obtenu lui vaudra même d'être invitée à la Maison-Blanche pour danser devant le président Roosevelt. Amaya rentre en Espagne en 1947, et enchaîne les tournées nationales et internationales à travers l'Europe, l'Amérique et l'Asie. (...) Atteinte d'une maladie rénale, en 1963 elle tourne dans le film Los tarantos, malgré son état. Elle arrête la danse et part se reposer à Begur, petit village de la côte catalane, où elle décèdera quelques mois plus tard des suites de sa maladie [à 45  ans]. » (1) 

Le Monde écrit alors : « Gitane, avec tout ce que ce mot, compris des seuls Espagnols, comporte d'incantatoire, de charlatan, de fatal, de carnassier, de délirant, Carmen Amaya l'était à cent pour cent. (...)  la première Espagnole osant danser en pantalon collant de caballero. Techniquement, tout était anarchique dans son art, qui passait du trépignement à l'épilepsie, les doigts griffant le vide et la rose hors des cheveux ; mais elle seule pouvait le faire. » (Olivier Merlin, 20 novembre 1963)

Ce soir, plus que des « claquements de talon mitraillant n'importe quel sol »pour reprendre l'expression du même article, ce sont les déplacements dans l'espace qui frappent, comme un groupe de biches traversant une forêt. Ou comme un rituel secret, mais sans sacrifice. Pas de sang versé. On est surtout saisi par la puissance de la pulsion vitale, malgré la nuit.
Fabien Rivière 
(1) source : Wikipédia 

FUGACES, d'Aina Alegre - Centre chorégraphique national (CCN) de Grenoble et STUDIO FICTIF, vu à la Maison des Arts de Créteil (94), dans le cadre de la Biennale de danse du Val-de-Marne (notre présentation), du 20 au 22 mars 2025. en savoir +  —  en savoir + 

TOURNÉE FUGACES
25 MARS 2025 - Théâtre de Corbeil-Essonnes (dans le cadre de la Biennale de danse du Val-de-Marne - La Briqueterie - CDCN)  En savoir + 
23, 24 AVRIL 2025 - Festival Dias da Dança - Porto En savoir + 
19, 20 SEPTEMBRE 2025 - Biennale de la danse de Lyon, France

ON PEUT LIRE : 
— Article : Original Gypsy Dances - [de] Jack Kemp, 1941, avec Carmen Amaya, de Christian Lacroix, pp. 62-65, dans CINÉDANSE - 50 films culte (cf. notre Livre - L'amoureux « Cinédanse - 50 films culte »)   [FILM à voir ICI]
— Article : Rétrospective Carmen Amaya à Madrid, 2013, par Nicolas Villodre. ICI

— Références et bibliographie de FUGACES  [données par la compagnie] :
Carmen Amaya, Montse Madridejos et David Pérez Merinero, Editions Bellaterra - 2013.
Carmen Amaya o la danza del fuego, Mario Bois, Editions Espasa Calpe - 1994. Aina Alegre s'est particulièrement appuyée sur le recueil de critiques qu'on retrouve dans l'ouvrage de Mario Bois autour du spectacle Embrujo Español en tournée en 1948 à Paris, au Théâtre des Champs Élysées. Carmen Amaya y met en scène et interprète notamment sa version du Boléro de Ravel.  
- Archives sonores extraites du titre El Ritmo de Carmen Amaya (Buleria) par Carmen Amaya & Sabicas, album Queen of the Gypsies.
- D'autres extraits d'archives sonores et vidéos trouvées sur Internet mais que nous ne pouvons pas citer car les sources sont difficilement identifiables.
Couverture du livre Carmen Amaya, de Montse Madridejos et David Pérez Merinero

vendredi 14 mars 2025

dimanche 9 mars 2025

La Biennale de danse du Val-de-Marne célèbre les imaginaires de la nuit

Affiche de l'édition 2025 de la Biennale de danse du Val-de-Marne

— Par Fabien Rivière 

La Biennale de danse du Val-de-Marne, dans ce département limitrophe du sud de Paris, va fêter pendant un mois sa 23° édition, du 12 mars au 11 avril, célébrant « les imaginaires de la nuit» La nuit de la douceur ou de l'agitation, de la poésie, des rêves et de l'imagination. Soit 27 chorégraphes proposés dans 25 lieux. 

Il s'agit aussi de mêler danse contemporaine et danses populaires, autour de cinq « constellations. »

Des nuits flamenca avec :
— Aina Alegre (qui propose FUGACES),
— Dominique Brun et François Chaignaud (Un Boléro
— Israel Galván (Solo), 
— María del Mar Suárez/La Chachi (Taranto Aleatorio), 
— Pol Jiménez (Lo Faunal
— Fernando López Rodríguez (Flamenco queer). 

Des nuits des étoiles montantes, « un parcours à la rencontre de créatrices et d’œuvres prometteuses » : 
— Dalila Belaza (Orage)
— le Collectif ÈS (About Lambada et LOTO3000
— Eisa Jocson (née aux Philippines) et Venuri Perera (Sri Lanka, vit à Amsterdam) (Magic Maids)
— Tatiana Julien (En fanfaaare !
— Soa Ratsifandrihana (franco-malgache) (Fampitaha, fampita, fampitàna)

Des nuits afro« Un voyage musical et chorégraphique de Maputo [capitale du Mozambique] à Kinshasa [capitale de la République Démocratique du Congo] » : 
— Idio Chichava (Mozambique) (Vejo Anjos que atravessam o sol na minha sala [en français, Je vois des anges traverser le soleil dans mon salon])
— Supa Rich Kids / Oulouy (Afrikan Party
— Alain Platel, Fabrizio Cassol et Rodriguez Vangama (Coup Fatal). 

Des nuits catalanes, : 
Aina Alegre (FUGACES)
— Guillem Mont de Palol (La danse de Vitry)
— Pol Jiménez (Lo Faunal)
— Supa Rich Kids / Oulouy (Afrikan Party)

Ajoutons une constellation, celle des Explorateurs-trices :
Fabrice Lambert (RENVERSE)
— Gaëlle Bourges (La petite soldate
— Paradox-Sal (groupe de house dance exclusivement féminin, 16 danseuses) (Woman)
— Tom Cassani (Iterations
— Ayelen Parolin (Zonder)
— La Chachi (Taranto Aleatorio)
— Nacera Belaza (La nuée)
— François Chaignaud (Récital) 
— Massimo Fusco (Corps Sonores Juniors
Fabrice Lambert, RENVERSE, photo Alain Julien 
Idio Chichava, Vejo Anjos que atravessam o sol na minha sala, Photo Mariano Silva
Aina Alegre, FUGACES, Photo Nathalie Sternalski
Tatiana Julien, En fanfaaare !, Photo Hervé Goluza
Dominique Brun et François Chaignaud, Un Boléro, Photo Laurent Paillier

samedi 8 mars 2025

Le danseur étoile Guillaume Diop en couverture de Télérama

Couverture de la version papier de Télérama, Photo Fabien Rivière

L'hebdomadaire culturel Télérama a consacré la une de son numéro paru le mercredi 5 mars 2025 au danseur étoile du Ballet de l'Opéra national de Paris depuis le 11 mars 2023  Guillaume Diop, 25 ans, accompagnée d'une longue interview sur deux pleines pages. 
Fabien Rivière 
— Disponible en kiosque
     www.telerama.fr 
ON PEUT VOIR AUSSI : 

mercredi 5 mars 2025

Une merveille - Mac Miller (USA), Balloonerism

Jugé à l'époque, en 2015, trop expérimental par sa maison de disque, l'album de Mac Miller (1992 - 2028, à 26 ans, d'une overdose) Balloonerism est enfin sorti officiellement, — il circulait clandestinement jusqu'alors, — en ce mois de janvier 2025.
Fabien Rivière
NOUS AVONS DÉJÀ PUBLIÉ : 

samedi 1 mars 2025

Boris Charmatz quitte la direction du Tanztheater Wuppertal Pina Bausch

Boris Charmatz, Photo DR
  
                Nous apprenons le départ de Boris Charmatz de la direction du Tanztheater Wuppertal Pina Bausch, publiant l'intégralité du communiqué de presse de la ville. Il est expliqué que la raison de la résiliation du contrat restera secrète. Le départ sera effectif fin juillet 2025. Il avait été nommé en octobre 2021 pour un mandat de huit ans, Il avait pris la direction effective en août 2022. La prochaine direction aura la charge à la fois de la compagnie et du futur Pina Bausch Zentrum dont la construction doit être décidée par la ville de Wuppertal au plus tard en 2026.
Fabien Rivière 

Communiqué de presse de la ville de Wuppertal du 28 février 2025:

Le Directeur Artistique du Tanztheater Wuppertal Pina Bausch, Boris Charmatz et le conseil de surveillance de la GmbH, ainsi que la ville de Wuppertal, ont pris la décision commune de mettre fin à leur relation contractuelle à la fin de cette saison. Il est convenu entre les parties de garder confidentielles les raisons de la résiliation de ce contrat.

La ville de Wuppertal regrette le départ de Boris Charmatz, qui depuis 2022 dirige avec succès l'avenir artistique du Tanztheater, et le remercie pour les nombreuses créations exceptionnelles qu’il a pu mettre en œuvre depuis son arrivée, dont Wundertal, Liberté Cathédrale, Club Amour, Forever (Immersion dans Café Müller de Pina Bausch) et Cercles.

La ville de Wuppertal aurait souhaité poursuivre sa collaboration avec Monsieur Charmatz et est prête à s’engager dans de futures coopérations. À partir d’août 2025, la responsabilité de l’organisation des répétitions, des représentations et des tournées du Tanztheater sera assurée par le Directeur délégué, Dr. Daniel Siekhaus. La prochaine direction du Tanztheater Wuppertal Pina Bausch devra également être la première direction du futur Pina Bausch Zentrum. Par conséquent, une décision ne sera prise à ce sujet qu’au moment où le conseil municipal de la ville de Wuppertal se sera définitivement prononcé sur la construction du Pina Bausch Zentrum. Selon le calendrier actuel, cette décision sera prise au plus tard en 2026.

Les tournées planifiées des productions Liberté Cathédrale et Club Amour pour les saisons à venir auront lieu comme prévu. La ville de Wuppertal remercie Boris Charmatz qui - en plus de son excellent travail chorégraphique, son savoir et son talent - a su préserver et faire évoluer le grand héritage artistique de la chorégraphe de renommée internationale Pina Bausch.

Dr. Rolf-Jürgen Köster, Président du conseil de surveillance du Tanztheater Wuppertal Pina Bausch GmbH :

« Boris Charmatz a réussi, avec une grande sensibilité, à donner de nouvelles impulsions créatives à l’œuvre de Pina Bausch. De plus, avec le dynamisme de son propre et inimitable langage, il a créé de nouvelles œuvres pour le Tanztheater qui lui ont donné une toute nouvelle dimension. Ce nouveau souffle a eu un impact profond sur la ville et ses habitants. Le conseil de surveillance lui est profondément reconnaissant pour la résonnance de son travail artistique à Wuppertal. »

Matthias Nocke, Adjoint au Maire chargé de la culture et Directeur municipal :

« Avec des centaines de professionnels et d’amateurs de Wuppertal, tous âges et métiers confondus, les productions de Boris Charmatz ont fait de la ville une scène et créé des images durables et merveilleuses pour le monde entier. Grâce à Boris Charmatz, Wuppertal est vraiment devenue une ville de danse. »

Uwe Schneidewind, Maire de Wuppertal :

« Avec Boris Charmatz, Wuppertal a gagné une personnalité artistique au rayonnement international qui a su associer à l’héritage de Pina Bausch un nouveau souffle pour l’Ensemble. Par ses projets en plein air et la participation de nombreux amateurs et amatrices, il a mis la danse au cœur de la ville de Wuppertal. Nous le remercions pour son travail avec l’Ensemble du Tanztheater et avec un grand nombre d’habitantes et d’habitants de la ville de Wuppertal. »

Ina Brandes, Ministre de la culture :

« Le travail de Boris Charmatz a marqué la ville de Wuppertal. Avec le Tanztheater, il a conquis l’espace urbain, et a su créer d’autres événements artistiques inoubliables. En atteste sa nomination l'an dernier au prix théâtral DER FAUST et son invitation en tant qu’artiste complice à l’édition 2024 du prestigieux Festival d’Avignon. »

Boris Charmatz, directeur artistique du Tanztheater Pina Bausch :

« J’ai adoré travailler à Wuppertal, dans la ville de Wuppertal et avec les habitants de Wuppertal.

De même, avec les danseur·euse·s et l’équipe du Tanztheater Wuppertal, j’ai adoré explorer, dans le plus grand des respects, l’œuvre de Pina Bausch sous des angles multiples. Avec nos histoires différentes, il a fallu apprendre à se comprendre et se connaître. Ce fût parfois complexe mais toujours beau et productif. Pour cela, je remercie l’Ensemble ainsi que l’équipe du Tanztheater. Je remercie également la ville de Wuppertal, le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, le ministère de la Culture français, et la Région Hauts-de-France d’avoir rendu possible, durant ma direction, un projet de coopération entre l’Allemagne et la France, entre le Tanztheater Wuppertal et Terrain.

Je souhaite le meilleur, en toute indépendance et liberté, à la grande œuvre de Pina Bausch : sa famille artistique, son écosystème, sa compagnie légendaire, le Tanztheater Wuppertal. »

vendredi 28 février 2025

La photo - William Forsythe

William Forsythe, Photo DR

Surprenante, et magnifique, photo du chorégraphe William Forsythe, dont le nom du photographe n'est pas indiqué, que l'on découvre sur le site internet de l'Opéra national de Paris, pour la saison 2024-2025 (ICI)
Fabien Rivière

jeudi 27 février 2025

Abdomen (Netherlands), Damage Tool + Neurotic + Yes, I don't Know + Dazed

Extraits de l'album Yes, I Don't Know, publié le 21 février 2025. 
ALBUM Yes, I Don't Know (écoute et achat)  > bandcamp 
ABDOMEN 
POCHETTE DE L'ALBUM Yes, I Don't Know

mercredi 26 février 2025

Sleaford Mods (UK), Bang Someone Out

Publié le 14 septembre 2024.
— Sleaford Mods à écouter sur bandcamp  > ICI   
— Sleaford Mods sur ESPACES MAGNÉTIQUES >  ICI 

mardi 25 février 2025

Heavy Lungs (Bristol, UK), YES CHEF

Deuxième extrait de l'album Caviar à paraître le 18 avril 2025. 
> En concert à Paris le jeudi 17 avril 2025 au Supersonic (Métro Bastille) > En savoir +
L'ALBUM (écoute et achat)  >  bandcamp 
— Premier morceau, et vidéo de l'album Caviar Heavy Lungs (Bristol, UK), Get Out
— NOUS AVONS DÉJÀ PUBLIÉ : 

lundi 24 février 2025

La traversée de Mark-Wilfried Kouadio («[Superstrat[», d'Anne Nguyen)

Mark-Wilfried Kouadio alias « Willy Kazzama » dans [Superstrat[ d'Anne Nguyen,
Capture d'écran Espaces Magnétiques 
 
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La danse contemporaine s'est intéressée récemment aux danses populaires. Dans deux démarches distinctes. 

La première approche déconstruit. Déconstruire n'est pas détruire, mais aimer, observer, accepter certaines choses et refuser d'autres, puis reconstruire différemment. Ainsi l'Espagnol Israel Galván, fou de flamenco ; l'Italien Alessandro Sciarroni avec FOLK-S will you still love me tomorrow ? qui explore le Schuhplattler, une danse typique de Haute-Bavière dans le sud de l'Allemagne dont la capitale est Munich, et du Tyrol à l'ouest de l'Autriche, dont le nom (battre la chaussure) vient du fait qu’elle consiste, littéralement, à taper ses chaussures et ses jambes avec ses mains de façon rythmique ; l'Autrichien Simon Mayer avec son solo SunBengSitting, « une pièce à cheval entre le yodel [une technique de chant], la danse folklorique et la danse contemporaine », et son trio Sons of Sissy, avec les danses et les chants de son village natal du nord du pays. La Française Dalila Belaza a travaillé avec le collectif Lous Castelous de Senergues. C'est une association fondée en 1982, qui vise à « sauvegarder et maintenir les traditions locales, notamment les danses et les chants ». Elle est basée dans le village de Senergues, 421 habitants selon le recensement de 2018 (le pic a été atteint en 1881 avec 1671 administré-e-s), dans le département de l'Aveyron, à 30 km au nord de Rodez. Lous Castelous signifie en occitan "Les Châtelains". Toutes ces œuvres sont excellentes.

L'autre approche prend le matériel chorégraphique tel qu'il est sans le déplacer, tel le collectif (La)Horde avec Marry Me in Bassiani avec l'ensemble Iveroni, en Géorgie. Du bon travail. 

On peut aussi faire état du remarquable Dialogue avec Shams, du Français Mathieu Hocquemiller, avec une derviche tourneur qui vit en France, d'origine iranienne. 

Bref, le passé n'est pas nécessairement dépassé. D'ailleurs, on songe à la remarque du réalisateur mexicain de films expérimentaux installé en France Teo Hernandez (1939 - 1992) : « Le chant est toujours un appel et un rappel. C'est la voix du passé, des ancêtres, qui revient et nous appelle. C'est la voix de la vie et de la mort. » (ICI) 

Mark-Wilfried Kouadio alias « Willy Kazzama » lors d'une rencontre en novembre 2024,
Capture d'écran Espaces Magnétiques
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Du côté de la danse hip-hop on peut suivre le travail de la Française Anne Nguyen, qui vient de présenter un solo réussi dansé par le jeune Ivoirien Mark-Wilfried Kouadio alias « Willy Kazzama »[Superstrat[, qui, en linguistique, désigne les éléments nouveaux dans une langue, provenant de l'étranger. 

Les circulations et les influences entre pays, dans le domaine de la danse, intéressent la chorégraphe au moins depuis 2005, année où elle est interprète pour le chorégraphe Faustin Linyekula en République Démocratique du Congo (RDC). Il l'invite d'ailleurs en 2004 et 2008 dans la capitale Kinshasa pour former de jeunes danseurs urbains et présenter son travail. Elle aura la possibilité de suivre l’évolution de ces derniers, notamment lors de son séjour dans cette même ville en tant que présidente du jury Danse de création aux IX° Jeux de la Francophonie en 2023 (ICI). 

Le solo précédent, en 2021, qu'elle co-signe avec l'interprète, Hip-hop Nakupendaavec Yves Mwamba, né à Kisan­ga­ni en République Démocratique du Congo (RDC), ancien danseur de Faus­tin Linye­ku­la, est un récit auto-biographique où il danse, chante, et raconte son parcours, comparant les pratiques de la danse traditionnelle dans son pays et la danse hip-hop en France (ICI). 

Mark-Wilfried Kouadio alias « Willy Kazzama » rencontre la chorégraphe quand elle organise une audition pour Matière(s) première(s) en 2019. Il est présent aussi dans le très bon et doux Behind the Line, vu en 2024 au Carreau du Temple à Paris, qui associe quatre enfants et quatre adultes issus de la diaspora africaine. 

Il pratique à la fois les danses traditionnelles et les danses urbaines. Concernant la première catégorie il a pu expliquer lors d'une rencontre en novembre dernier ceci (ICI) : la Côte d'Ivoire compte plus de 60 ethnies [sur une population de 30 millions d'habitants], chaque ethnie pratiquant au moins 3 danses. Dans un village, la danse est présente tout au long de la vie sociale (fête, mariage, décès, etc.) ou personnelle (puberté atteinte, etc.), dans un échange avec les ancêtres, les divinités, la nature et les animaux. Certaines danses ne doivent pas être vues par des enfants, des femmes, des hommes ou les villages voisins. C'est un Bété du nord du pays, peuple agricole. Les danses urbaines mobilisent des motricités que l'on trouve déjà dans les danses traditionnelles, sans le savoir souvent, et sans l'ensemble des représentations associées. 

Ce soir, il apparait soudain, au fond à gauche du plateau. Il s'étire et s'échauffe. Il est habillé de façon élégante et sobre, large chemise d'un rouge puissant, ample pantalon d'un blanc cassé, qui au loin semble constellé de tâches colorées qui se révèlent être un même portrait dessiné reproduit. 

Il s'approche du public, qu'il contemple. Il nous fait face. Non pas, comme souvent en danse, dans une volonté de séduction facile, ou de prise de parole convenue. Il s'agit plutôt, à rebours de l'obligation de vitesse, de prendre le temps, pour le spectateur, d'observer un visage, et, plus précisément, son mystère. Il danse, de façon précise et inventive. 

Il nous semble qu'il ne s'agit pas de dresser un portrait d'un homme, dans une logique plus ou moins psychologique, mais bien plutôt de lui faire, de nous faire, traverser des strates de danses, de consciences, de perceptions, de clarté et de troubles.    
Fabien Rivière

[Superstrat[, d'Anne Nguyen, Théâtre des 2 Rives (T2R), Charenton-le-Pont (94), vu le vendredi 24 janvier 2025. En savoir +

— Anne Nguyen est l’artiste associée au Théâtre des 2 Rives pour la saison 2024-2025.

— TOURNÉE 2025 : 
> Mardi 11 mars, 19h30 — La Manufacture CDCN Nouvelle-Aquitaine, La Rochelle (17)  En savoir +
> Jeudi 10 avril, 20h — CentQuatre-Paris Hors les murs à l'Espace 1789, Saint-Ouen (93), dans le cadre du Festival Séquence Danse Paris  En savoir + —  En savoir +
SCOLAIRES Vendredi 11 avril, 10h & 14h15 — Espace 1789, Saint-Ouen (93)  
 
(autres dates, à venir > ICI)